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 Lawrence d'Arabie

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Luther

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Date d'inscription : 15/12/2008
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MessageSujet: Lawrence d'Arabie   Sam 21 Fév - 2:11

Lawrence d'Arabie


Un film de David Lean.
Produit par Sam Spiegel.
Scénario de Robert Bolt et Michael Wilson, d'après le roman "Les Sept Piliers de la Sagesse" de Thomas Edward Lawrence.
Musique de Maurice Jarre.
Avec Peter O’Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Anthony Quinn, Jack Hawkins, Claude Rains, Anthony Quayle, Arthur Kennedy, Jose Ferrer…
Sorti en France le 15 Mars 1963.

Bande annonce :


Note : 19/20
5 étoiles sur 5 : *****

Synopsis : Pendant la Première Guerre Mondiale sur le front arabe, l’armée rebelle du prince Fayçal échoue à prendre Médine aux Turcs. Au Caire, les généraux britanniques et le Bureau des Affaires Arabes décident d’envoyer un informateur auprès du prince, afin de connaître ses intentions : malgré l’alliance passée entre l’Angleterre et les Arabes révoltés de l’Empire Ottoman, les officiers supérieurs s’inquiètent de ses objectifs quant à l’Arabie elle-même, une fois la guerre terminée. Cet informateur est un jeune lieutenant de l’armée britannique, insubordonné, au comportement insolent, enfantin ou légèrement dérangé, assigné à la peinture des cartes d’état-major : le lieutenant Thomas Edward Lawrence. Une fois sur place, Lawrence se range peu à peu du côté du prince, affrontant les Turcs pour les Britanniques tout en encourageant les Arabes dans leur volonté d’indépendance ; la légende de celui qui va devenir Lawrence d’Arabie commence à se forger au fil des luttes aussi bien contre les Turcs que contre les vieilles rivalités des tribus qui constituent l’armée de Fayçal…

Critique : Ce genre de film rentre dans une sorte de catégorie « inclassables » : pas un film historique, pas un film de guerre, pas un film sur un personnage en particulier, pas un documentaire… Plutôt un concentré de tout cela. L’épopée du lieutenant Thomas E. Lawrence en Arabie pendant la Première Guerre Mondiale n’est pas un simple recoupé d’images d’archives, mais bel et bien une épopée menée tantôt tambours battants – l’assaut sur Aqaba – tantôt plus subtilement, de manière plus évocatrice – les discussions avec le général Allenby et son assistant politique, Mr Dryden.
L’œuvre de David Lean fut couronnée de sept Oscars ; et on peut affirmer qu’ils ne sont pas volés. Le scénario contient de nombreuses facettes, allant de la traversée d’un désert sec comme l’os à une bibition aux quartiers généraux du Caire ; les décors, proprement époustouflants – le camp d’Auda Abu Tayi à Wadi Rum a de quoi en remontrer au Seigneur des Anneaux – et réels par-dessus le marché, brisent les images conventionnelles de l’Arabie en nous présentant puits au milieu du néant complet, déserts rocheux, montagnes millénaires et formations mégalithiques impressionnantes ; la mise en scène, en particulier lors des charges de cavalerie ou des attaques de trains par les Arabes, offre des prises de vue spectaculaires, incluant figurants par dizaines, chameaux et chevaux en grand nombre, sous un soleil brûlant même à travers l’écran, le tout couplé à une musique simplement magnifique. Nous sommes littéralement transportés dans une Arabie des années 10, aux côtés des révoltés arabes et des soldats britanniques. Egalement instructif sur l’époque et les évènements historiques tel que le traité Piquot-Sykes ou la véritable utilisation de la révolte arabe par les Britanniques, on ne ressort pas d’une projection de ce film sans connaissances sur l’époque, même si certains personnages sont fictifs.
Une flopée d’acteurs excellents donne corps et âme à cette épopée du désert : Alec Guiness interprète un prince Fayçal plus vrai que nature – voyez les photos et comparez ; Omar Sharif – époustouflant pour son premier rôle - et Anthony Quinn campent des chefs arabes, Ali et Auda Abu Tayi, durs, cruels, violents, criants de vérité aussi bien dans les costumes – tous authentiques exceptés celui de Quinn – que dans les attitudes ; Jack Hawkins et Claude Rains sont deux chefs de l’armée britannique (le général Allenby et le représentant du Bureau des Affaires Arabes, Mr Dryden), retors, malins, rusés et pourvus d’un cynisme éclatant qu’ils font rejaillir à l’écran ; et les autres personnages tels que Anthony Quayle, Arthur Kennedy et Jose Ferrer jouent à merveille dans les rôles du brave colonel Brighton, du reporter qui recherche un « héros » pour inciter les Etats-Unis à s’engager dans la guerre, et d’un cruel officier turc. Mais la trouvaille au niveau des acteurs est bel et bien Peter O’Toole pour Lawrence.
Le véritable Lawrence a laissé un livre, les Sept Piliers de la Sagesse, qui nous a donné, en même temps que les divers témoignages d’époque, l’image d’un homme très étrange. Mort en 1935 d’un accident de moto, il a été glorifié après son décès comme un héros de guerre par des personnages tels que Winston Churchill ; cependant ce film nous révèle un côté extrêmement particulier de sa personnalité, qu’est son espèce de folie latente.
Lorsque apparaît pour la première fois Lawrence, il s’amuse à éteindre ses allumettes sur son bras ; plus tard, il manifeste une sorte de témérité suicidaire en retournant chercher un homme perdu dans le désert depuis des heures, alors que le soleil brûle. Il avoue à son supérieur, lors de son retour au Caire pour faire son rapport, qu’il ressent une jouissance en tuant des hommes – deux à ce moment du film. Par la suite, il finit par se considérer comme un Arabe de naissance, convaincu qu’il est investi d’une mission et que de ce fait il ne peut mourir : il déclare au journaliste ne pas être blessé alors qu’il a une balle dans l’épaule, et que seul un projectile en or peut le vaincre. Après sa capture et sa torture par les Turcs, se brise l’image qu’il a de lui tandis qu’il paraît prendre du plaisir alors qu’on le frappe. Il revient par la suite, d’abord découragé puis totalement exalté, et participe en riant au massacre d’une troupe turque en déroute en rejetant leur reddition. Il n’écoute même plus son ami Ali qui lui demande d’arrêter le carnage. Peter O’Toole nous livre le portrait d’un homme exceptionnel, incroyable de volonté, en nous présentant sa part d’obscurité sans creuser dans la noirceur des heures et des heures, comme l’aurait fait d’autres réalisateurs moins doués. Là est le génie de Lean : nous montrer Lawrence comme il devait l’être sans pour autant en faire ni un monstre, ni un saint ; juste un être à part, étrange, qui a apporté sa pierre à la nation arabe.
Ainsi, même si le film comporte quelques oublis – par exemple l’aspect « guerre de religion » que revêtait pour les Arabes cette lutte contre les Turcs – et se montre parfois extrêmement violent, en particulier lors de cette scène de torture ou de l’assaut contre les Turcs en fuite, il demeure un chef d’œuvre emporté par des acteurs au sommet de leur art et un réalisateur qui peut être fier de son travail, à mon avis.
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Spielberg-Williams
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MessageSujet: Re: Lawrence d'Arabie   Sam 21 Fév - 12:54

Là encore j'ai vu ce film il y a des années, mais je me souviens effectivement d'un très grand film, au souffle épique, sans pour autant occulter les rapports humains.

(je me suis permis d'intégrer l'affiche qui n'était pas passée)
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